Eléonore d’Olbreuse, « La grand-mère de l’Europe »

En 2004, la Maison du protestantisme poitevin, située dans les Deux-Sèvres à proximité de Niort, a réalisé une exposition sur le thème d’Eléonore d’Olbreuse. Cette protestante poitevine, qui vécut à l’époque de Louis XIV, est à l’origine de liens très privilégiés entre la France, l’Allemagne et la Hollande.

Elle naquit en 1639 au château d’Olbreuse dans les Deux-Sèvres dans une authentique famille de la noblesse d’épée.

Partout on vanta très vite sa beauté, son esprit et ses exquises manières.

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L’exode huguenot

Fondé en 1915, le Comité Protestant des Amitiés Françaises à l’Etranger a pour but de maintenir le contact entre d’un côté, les Sociétés Huguenotes et les Eglises protestantes dans les anciens pays du Refuge – ces pays qui ont accueilli les protestants français persécutés dans leur pays -, et de l’autre côté, la France et les protestants français.

On parle du « Refuge ». En fait il y a eu deux Refuges :

  • Une première vague d’émigration pour cause de religion a eu lieu au XVIe siècle, dès les années 1530-1540, puis s’est intensifiée à la suite de la Saint-Barthélemy, le 24 août 1572. Cet exode a surtout concerné Genève au temps de Calvin et l’Angleterre sous le règne d’Elisabeth Ière.
  • La seconde vague de l’exode, quantitativement beaucoup plus importante, a lieu au cours de la période qui précède et suit la Révocation de l’Édit de Nantes, en 1685.

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Pierre Dugua de Mons

Les associations franco-canadiennes sont actuellement en effervescence pour préparer les festivités des célébrations du quatrième centenaire de la fondation de la Nouvelle France par un gentilhomme huguenot méconnu : Pierre Dugua de Mons.

Qui était ce riche huguenot saintongeais, né à Royan vers 1560 ?

Pierre Dugua de Mons participa, en Normandie, à la lutte de la monarchie contre la Ligue catholique et l’Espagne au tout début du règne d’Henri IV. Le Roi l’estima et le récompensa en 1594.

La paix revenue, Pierre Dugua de Mons entreprit un voyage en 1599, en compagnie de Pierre Chauvin de Tonnetuit, notable protestant de Honfleur qui s’intéressait au commerce des fourrures avec les Amérindiens.

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L’Escalade de Genève en 1602

L’escalade de Genève par les troupes du duc de Savoie Charles-Emmanuel dans la nuit du 11 au 12 décembre 1602 est un événement militaire mineur qui a pourtant eu un profond retentissement européen. Depuis le XVe siècle, la maison de Savoie souhaitait s’emparer de Genève, sorte de capitale naturelle de ses Etats au Nord des Alpes, véritable cité stratégique du Corps helvétique. Mais toutes ses tentatives s’étaient heurtées à la résistance farouche des Genevois, qui avaient passé à la Réforme dès 1535 et dont la ville était devenue une des capitales spirituelles de l’Europe grâce à l’action du réformateur Jean Calvin.

Outre la détermination de ses habitants, Genève dut son salut à l’appui des cantons évangéliques suisses, en particulier Berne et Zürich, et surtout à l’action du roi de France, Henri IV. En soutenant Genève, le roi agissait moins par sympathie pour d’anciens coreligionnaires que pour des raisons stratégiques : il ne voulait pas que la place forte genevoise appartienne à un allié de son principal adversaire, le roi d’Espagne. Aux yeux d’Henri IV, Genève était une sorte de coin enfoncé dans les territoires favorables à l’Espagne, et la France préférait la voir indépendante et faible, mais dans la mouvance française, que fortifiée par la Savoie et dans la mouvance espagnole.

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Le centenaire du temple de Villefranche-sur-Saône

L’Eglise réformée de Villefranche-sur-Saône vient de fêter, dans la joie, le centenaire de la construction de son temple.

A cette occasion, un groupe de travail s’est constitué autour de Pier Van de Kouwe, originaire des Pays-Bas. Ensemble, nous avons recherché les traces de notre communauté dans l’histoire de Villefranche et du Beaujolais alentour, et nous avons fait quelques découvertes que nous sommes heureux de partager avec vous ce matin.

En 1562, lors des guerres de religion, les troupes protestantes ont pris possession de la ville. Ces troupes étaient commandées de Lyon par le cruel Baron des Adrets. Elles ont commis des actes inqualifiables : elles ont incendié la maison de ville, dévasté la Collégiale Notre-Dame des Marais, chassé les malades des hôpitaux, elles ont volé, brutalisé…

Mais les échevins, comme la majorité des habitants catholiques de la ville, ont toujours fait preuve d’une grande modération envers les huguenots. Ils ne les ont jamais pourchassés et les ont même épargnés lors des « Vêpres lyonnaises » qui sont la réplique de la Saint-Barthélémy.

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Les huguenots à Leipzig

Suite aux persécutions infligées aux huguenots à la suite de la révocation de l’édit de Nantes en 1685, plus de 250 000 huguenots contraints à l’exil trouvèrent refuge dans les contrées du nord et de l’Est de l’Europe, beaucoup s’installèrent dans les Flandres d’autres en Prusse occidentale, d’autres se retrouvèrent à Berlin et dans le brandebourg avoisinant, d’autres enfin firent route jusqu’en Saxe et décidèrent de s’installer à Leipzig et à Dresde.

Des familles entières soutenues par leur foi et la conviction qu’ils n’avaient qu’un seul seigneur et maître : DIEU, entreprirent dès la fin du 17ème siècle de vaincre les obstacles de l’expatriation pour s’implanter (s’insérer) dans des contrées lointaines et peu familières.

Leur choix de s’implanter à Leipzig était surtout motivé par des raisons économiques, cette ville jouissant à l’époque d’une grande réputation en matière de commerce international, on trouve d’ailleurs dans les archives cette citation en français «ville de ressources pour les gens capables et désireux de travailler »

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Rapport de la XIIème Réunion de Descendants de Huguenots en Bretagne

La douzième rencontre internationale de descendants de Huguenots s’est déroulée à la mi-septembre dernier, et pour la première fois en Bretagne. Cela peut paraître étonnant mais nous allons nous en expliquer.

Cette rencontre internationale est organisée tous les trois ans par notre Comité Protestant des Amitiés Françaises à l’Étranger, dont le rôle est d’entretenir nos liens avec les Sociétés étrangères de descendants de huguenots qui, au XVIe, XVIIe et au début du XVIIIe siècle ont tout quitté pour rester fidèles à leur conscience, en bravant l’interdiction de quitter le royaume de France. Leurs descendants sont devenus hollandais, allemands, suisses, anglais, américains voire sud-africains. Il en existe même en Australie et cette année, la Nouvelle Zélande était représentée. Nous étions 112 participants à cette réunion dont plus de 60 étrangers.

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L’Eglise Protestante Française de Londres

L’Église Protestante Française de Londres, installée à Soho Square, vient de vivre un temps fort en célébrant le 450ème anniversaire de sa fondation.

Son histoire, que nous allons tenter de résumer, est celle des vagues successives de huguenots réfugiés en Angleterre sous l’effet des persécutions religieuses que la France a connues avec le développement des idées de la Réforme.

Dès 1540, avec édit de Fontainebleau ordonné par François Ier, puis sous le règne d’Henri II, lorsque fut instituée la Chambre Ardente de Paris, Londres accueille une première vague de réfugiés.

A ce premier groupe de réfugiés, sous l’influence conjuguée de son oncle, le Protecteur Somerset et l’Archevêque de Canterbury, Cranmer, tous deux sensibles aux idées de Réforme, le très jeune roi Édouard VI accorde sa protection et signe, le 24 juillet 1550, les lettres patentes qui reconnaissent l’existence de l’Église des Étrangers de Londres, et la consacre comme « Église Établie » au même titre que l’église d’Angleterre.

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New-Paltz, une ville d’Amérique, fondée en 1678 par des huguenots de Flandre et d’Artois

On sait que les Huguenots ont trouvé un refuge en Amérique, à des milliers de kilomètres de leur pays d’origine, mais on ne sait peut-être pas qu’il existe aux États-Unis, dans l’État de New-York, une ville de 8 000 habitants, où le nom de huguenot a été donné à une rue, un journal, un motel, un collège de l’Université, une banque, une équipe de base-ball. Une ville où des centaines d’habitants s’appellent toujours Dubois, Crespelle, Frère, Lefèvre** : des noms qui sont indiscutablement huguenots. Il s’agit de la ville de New-Paltz qui a été fondée en 1678 à 130 km au nord de New-York et qui s’appelait d’abord « le nouveau Palatinat » parce que ses fondateurs étaient des protestants qui venaient de Flandre et d’Artois et s’étaient d’abord réfugiés au Palatinat, entre 1648 et 1670, pour fuir les persécutions des Espagnols et des Français. Ils ont dû fuir plus loin encore quand les armées de Louis XIV ont conquis l’Artois et la Flandre, saccagé le Palatinat.

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La place des huguenots dans l’établissement de la Nouvelle-France

La participation des huguenots à la fondation de la Nouvelle-France, ancienne appellation du Canada et des Etats-Unis, est trop peu connue. Ma mère, Hélène Poulain et mon père, le pasteur André Poulain qui œuvra principalement à Montréal, au Canada français, ont voulu la faire connaître dans le journal « La Vie Chrétienne » (2) qu’il fonda à Montréal en 1951. Dans ce but, ils ont consulté un certain nombre d’ouvrages, ce qui leur a permis de regrouper les noms des principaux huguenots qui ont travaillé à l’établissement de la Nouvelle-France.

L’Amiral Gaspard de Coligny, chef des huguenots, tué pendant le massacre de la Saint-Barthélémy, le 24 août 1572, avait fait le projet d’un grand empire français en Amérique pour permettre aux sujets de la religion réformée persécutés en France de pratiquer leur religion librement. Le roi Henri II approuva d’abord l’idée, puis l’abandonna. Ce qui a fait dire à l’historien canadien Garneau(3) : « En fait, quelles sources de richesse et de puissance il aurait assuré à la France ! Quel désastre il aurait épargné à ses enfants ! Et comme résultat, quel magnifique empire attaché à l’empire français en Amérique ! Mais dans cette période de haine et de passion, les meilleurs intérêts du pays étaient sacrifiés à la fureur du fanatisme et aux peurs d’un tyran égoïste et soupçonneux ».

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